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Le blog de atrasaventure

Retour sur l’Euskal trail

31 Mai 2022, 19:53pm

Publié par atrasaventure

Week-end de l’ascension, départ en famille pour Saint Étienne de Baïgorry, afin de prendre le départ de l’ultra Euskal. Les mensurations ? Et bien c’est selon le prospectus que vous prenez. Ça va de 130 à 133 kms pour 6500 et jusqu’à 8000 m de dénivelé positif. Bref on verra sur place. 
Les filles sont à fond pour me suivre et je suis impatient de prendre le départ. Les dernières séances ont été rassurantes et la forme est présente , la météo annoncée est excellente : les feux  sont donc au vert. 
Route faite, prise de possession du gîte, dossard récupéré, sac rempli; on est jeudi soir et vivement demain vendredi 5h pour le départ. 

La nuit est courte mais bonne, le réveil est bon, ma préparation se fait sans tarder et je me retrouve sur la ligne de départ ou l’ambiance est calme mais où on sent bien les pattes qui grattent.
5h03: c’est parti, le départ est calme, on cherche nos marques et nos places, ça se fait naturellement sans jouer des coudes. 

Première portion de 19 kms: on sort de Saint Étienne et ça monte: 1000m de  D+ d’entrée de jeu. Ça chauffe mais ça passe. Le jour se lève et nous passons dans les nuages. Le rythme est calme et tout va bien. Par contre il ne fait pas chaud dans les hauteurs et le brouillard n’aide pas pour le tracé.

Deuxième portion: on se prend une autre montée et là celle là elle me calme. On va droit dans le pentu et le pourcentage de dénivelé est très très fort. Je monte tranquille mais il me manque quelque chose. Je pense que je me fais un début de déshydratation donc je cherche à réparer au plus vite le souci: je mettrais 2 h pour retrouver la pêche. En arrivant à Ispeguy, Patricia et les filles sont là pour m’encourager: ça fait du bien même si je ne perd pas de temps à repartir. 
Direction les Aldudes, 13 kms à faire en prenant une nouvelle belle ascension et une descente technique. La forme est là même si les côtes sont trop fortes pour courir , mais j’arrive à relancer et les descentes se font bien. Le ravito est là ( enfin), je prend quelques minutes pour discuter avec les filles, le plein du sac et du bonhomme sont fait et c’est reparti pour rejoindre Urkiaga.
15 kms à faire avec en majeur partie de la montée. Mon rythme n’est pas très élevé mais j’ai comme repaire que je ne me fais pas doubler et que je suis toujours avec les mêmes autour de moi donc ça me convient. La météo est bonne et la température est idéale pour moi, par contre dès que l’on est sur les hauteurs : le brouillard est toujours présent et le vent très très fort.

Les ravitos sont bien fournis et je tourne avec essentiellement du saucisson et de la banane. On est au 59 ème et le prochain arrêt sera la base de vie à Urepel. 
 


Cette section se fera sans soucis particulier, j’ai toujours envie et je n’ai pas de douleur. J’arrive toujours à courir dès que je peux et je fait gaffe à mon alimentation. Le temps s’est découvert et j’essaie d’en profiter un max. La base de vie est en vue, Patricia est là pour la dernière fois de la journée, on discute un peu, je me permet une assiettes de pâtes jambon blanc, compote en dessert( grand luxe) et on se quitte, je veux faire un max de kms de jour. 
On est sur une portion de 20 kms pour rejoindre Burgette une nouvelle fois à faire avec une majorité de montée. J’avance et la nuit tombe assez vite, on est dans les bois et la lumière n’y est plus. On ressort les frontales. Dans une montée, en grosses pierres, le concurrent devant moi glisse et en décroche une. Je n’ai pas le temps de l’éviter et la prend sur le coup de pied gauche juste en dessous de la cheville. Ça pique , ce n’est qu’un coup rien de grave. Au km 85, on a fini la montée et c’est reparti pour courir, je m’arrête plusieurs fois pour replacer ma languette de chaussure gauche car elle me gêne. Je verrais plus tard pour voir le problème.
Surprise, nous avons un changement de parcours, enfin de points de ravitaillements. Au lieu de l’avoir au 92 nous l’avons au 88. Ça me permet de m’habiller avec du chaud, car les températures ont bien descendues et le brouillard est revenu. J’en profite pour faire un point chaussures et là je me rends compte du dégât. La chaussure n’a rien mais le pied a ramassé : un beau gonflement au niveau de l’articulation a fait son apparition. Le desserrage de la basket va suffire( pour le moment). La soupe est prise et  c’est reparti. Direction Egantza au 103 au lieu de 101. On a la dernière montée technique et dure du tracé. Je suis un poil fatigué mais ne vois  pas le temps passé : j’avance, j’ai juste cette gêne à la cheville qui est grandissante.

À partir de Egantza , le reste de la course sera un calvaire car je n’arrive plus à courir, la cheville est gonflée et très douloureuse. Les idées  noires arrivent mais je ne trouve pas de raison valable pour m’arrêter: donc j’avance.

Au ravito du 121, le jour est juste levé et rien ne va. Parcours interminable, plus moyen de courir, j’ai mal en continu. Je profite du poste médical pour consulter, application de froid, et d’anti inflammatoire, mais merde, elles ne me disent pas de m’arrêter: donc je repart.

Merci Maria et son équipe médicale pour les soins.

Il ne reste que 2 kms de côtes et 10 de descente. Une broutille. 
j’avance de mine de mine, comme on dit dans les mauges. Il fait chaud, il y a de plus en plus de monde sur le bord et nous nous retrouvons avec le parcours commun avec les autres courses. Je sors de ma bulle et marche un peu plus vite en cherchant les solutions pour me faire les descentes sans trop dérouiller. 
 


Derniers kms, un petit message à la famille, et bizarrement la douleur diminue (sans disparaître, )mais ça me permet de mieux vivre les derniers km.

La civilisation est là, le monde est là, pour le spectacle, plus j’avance et plus il y a de monde et les acclamations se font de plus en plus fortes. Patricia est là, un bisou au passage. Et je profite des derniers hectomètres, sous les clameurs basques, je verse une larme et passe la ligne.

Enfin.

30h05 pour 133,5 kms et 7600 m de dénivelé positif , pas que de bonheur mais quel trail: technique, pentes bien prononcées, des paysages magnifiques, une organisation de ouf, et des bénévoles d’une très grande gentillesse. 
merci à Euskal Raid Association.

Trail que je recommande et que je referais car j’ai un sentiment d’inachevé.

Mais surtout merci à ma petite famille, pour être rentrée dans le jeu, s’être levée à 4h30 et m’avoir suivi toute la journée. 
Maintenant place à la récup et à la réparation et vivement le moment de revivre ces émotions.

Tonio

 

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