L'Ultra Marin - Juin 2018 (Par Eddy)
L'Ultra Marin 2018 (par Eddy) :
Après avoir réalisé le GRP 120kms en Août 2017, je voulais me tester sur une distance longue sans fort dénivelé ; ce sera donc l'Ultra Marin, format GRAND RAID 177km.
J'ai axé ma prépa sur des sorties longues ; pendant 3 mois je me suis donc tapé 65 à 90kms par semaine .. en espérant que ça le fasse.
Le jour J arrivé, direction Port de Vannes le vendredi 29/06 en milieu d'après midi sous une chaleur de bête ! Le départ de la course est prévu pour 18h donc petite balade dans le village départ sur l'esplanade du port avec une bise de Nathalie MAUCLAIR au passage ... petit esprit de vacances avant ???
En fait je ne sais pas trop ce qui m'attend !
A 18h, Top départ sous 29/30°C ; je pense aux conseils de certains "vieux sages" et prends donc un rythme lent, mais toujours compliqué de ne pas se faire entrainer par la foule.
Les premiers Kms se passent donc plutot bien (malgré la chaleur), je bois régulièrement et profite de ce superbe paysage : la mer, les bateaux et de petites plages à chaque détour.
Vu la météo, les gens sont tous dehors et sur les plages que nous longeons : à l'apéro, dans l'eau, en balade ou en pique nique ; tous nous encouragent ... et moi je me demande à ce moment ce que je fait à courir par cette chaleur ! Bref, il faut avancer...
Apres 1h30/2h de course, premier rafraichissement, Marée haute donc pied à l'eau et une erreur que je regretterai plus tard.
Je n'ai pas pris le temps de me déchausser comme certains habitués donc pieds, chaussettes et évidemment chaussures trempées ; nous avions de l'eau jusqu'à mi-cuisse. 3 passages similaires vont se succéder ; en prime les chaussures sont remplies de sable. Je me pose donc pour nettoyer correctement mes chaussures mais rien pour sècher tout cela, pas grave (pour le moment).
Au premier gros ravitaillement, j'accuse un peu le coup ; cette chaleur est étouffante.
Petite pause à l'ombre avec le coucher du soleil, la température baisse doucement ... place à la nuit.
L'objectif de la nuit est simple : courir le plus possible pour faire le maximum de kms à la fraiche (conseil de mon parrain Jacko cette fois-ci) ; le Samedi s'annonce encore caniculaire !
Durant toute la nuit, je cours avec des pauses ''marche'' dans chaque petit raidillon. Il faut dire qu'avec ce profil de course ou le denivelé et quasi nul les moments de repos sont rares. Contrairement aux sentiers de montagne, ici tout passe en courant.
Il fait 20/25°C, je continue de m'alimenter, boire régulièrement et tout est nickel au niveau digestion.
Vers 6h du mat, 1ere victoire : Arrivée à l'embarcadaire.
Aucune attente, nickel (18 bateaux sont réquisitionnés), la traversée (10min) se passe tranquille dans un bateau moteur avec 5 autres concurents. La sortie du bateau est un peu raide mais bon la base vie approche...
Le soleil tappe déja bien fort ce matin je prévois donc de m'arrêter un bon moment à la base vie (mi-parcours) ; un brin de toilette, un petit repas, la fameuse micro-sieste de 10min conseillée par Lionel (elle m'a fait un bien fou, merci) et un sèchage de pied qui commence à se fripper sérieusement.
Après quasi 1h30 de pause, c'est reparti pour un journée éprouvante je pense : Pas un seul nuage et la chaleur est au rdv !
Au 100ème km de course environ, une vieille douleur se réveille dans le tibia de ma jambe gauche ; c'est la merde mais bon, j'essaie de ne pas focaliser et d'avancer.
Le paysage magnifique et les compagnons de route me font penser à autre chose...
Sous cette météo, les habitants compatissent et nous tendent de temps à autre des bouteilles, d'autres ont installé des points d'eau et encore certains des 'douches gratuites' avec le tuyau Gardena à notre disposition en bordure de route ... un vrai bonheur !
120kms, l'autre tibia se réveille ; même douleur que sont binome ... Arrrr, je vais devoir serrer les dents car désormais chaque pas est douloureux.
Un passage dans les marais par 35°C sans un brin d'ombre ni vent m'a fait penser à la couleur du maillot ATRAS ; il ne serait pas mal Blanc non plus :-). Bref, un passage intense dans une véritable fournaise ; je fond sous mon maillot Noir et mes gourdes se vident à vue d'oeil !
La fin de course ne sera pas plus rythmée mais plus animée; j'arrive sur le parcours des plus petites distances proposées par l'organisation. Et les spectateurs toujours aussi sympas applaudissent les "flèches" lancées sur les petits circuit mais ne m'oublie pas ' le dossard jaune ' (couleur du RAID 177).
Mes douleurs aux tibias s'empliffient, mes dessous de pieds me font maintenent un mal de chien ; à chaque fois que le pied touche le sol. J'ai essayer des mouchiors en papier pour doubler mes semelles mais rien n'y fait ! Un peu tard pour réagir vous me direz ... Il me reste désormais 25 kms à parcourir.
Points positifs malgré ces douleurs : l'appétit est au beau fixe, la digestion impecc et toujours ses petits SMS ou appels d'encouragement qui rythment mon avancée.
Ravitaillement, micro sieste (j'y prend goût !) et c'est reparti...
Les 15 derniers Kms seront extremment longs, je ne peux desormais plus courrir donc a 3,5km/h ça fait encore 4 longues heures sur le circuit et ça fait très mal au moral quand on fait cette multiplication. La nuit tombe et les concurrents des autres courses n'en finissent pas de ma doubler ; tous les circuits terminent par le même chemin.
Je m'accroche et je serre toujours les dents ... et plus de messages d'encouragement, ma batterie vient de ma lacher.
Je suis donc seul au milieu de nul part avec toujours ce mal qui m'oblige à m'arreter de temps en temps. L'orage commence à gronder, le pluie tombe ; je sors donc mon coupe vent et me réfugie sous ma capuche.
J'apercois soudain les lumières du port ... puis plus rien ... il a fallu faire la dernière petite boucle (interminable) pour enfin les voir réapparraitre ; la fin est proche.
La pluie s'accentue mais qu'importe, l'esplanade est en vue... YESSS
J'arrive donc à 1h37 soit apres 31h35 de courses. A la 201éme place sur 554 arrivants (environ 1230 au départ) ... Et mes 6 points ITRA en poche (pour mon objectif UTMB 2020).
Finalement ce parcours "plat" (ce qui me rassurait au départ) s'est trouvé particilièrement exigeant. La météo n'a pas facilité la course mais surtout ce cicuit roulant force à courrir longtemps ... donc certainement responsable de ces tendinites (conclusion du doc).
Petit bémol tout de même pour les passages en mer et pour le circuit, les 80% de sentiers côtiers sont conposés en grande partie de portions béton ou bitume.
Points positifs le paysage et magnifique et l'organisation impecc.
Je vous conseille donc cette petite balade mais avec une prépa "endurance route" et une serviette dans votre sac.
NB : Avec mon peu d'expérience, mes critiques sont donc à prendre à la légère.
Eddy
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