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Le blog de atrasaventure

L'endurance trail des templiers 2019

23 Octobre 2019, 23:12pm

Publié par atrasaventure

Bonsoir à tous,

 

Je vous fais un retour à froid de mon expérience de Millau ce vendredi dernier.

 

La journée commence bien : levé 2h30 pour un départ à 4h00, tout va bien, il ne fait pas trop froid, on va avoir un météo top, les orages sont décalés au dimanche…

TOUT va BIEN ! Mickael et moi sommes motivés sans pression, on découvre sous nos yeux une ambiance qu’on avait vu dans la vidéo du teasing 2018…top !

Km 0 : c’est parti on s’élance sous la musique et les feux de bengale, rythme tranquille on laisse même des gens nous dépasser sur le plat pour garder un rythme assez lent pour se préserver…

Km 7 : 1ere patate, 400 m de dénivelé, trop facile. On suit le rythme à l’aise, on discute. Route forestière assez large avant de tomber sur un single avec pas mal de racines et descentes un peu techniques…

Km 20 : ravito de la Cresse , un bouchon énorme de trailers dans une cour de ferme…on déboule à 1400 dans un cul de sac où il faut reprendre de l’eau ….on chope une pom-pote et c’est reparti !

On repart sur une montée de 400 m de D+ et on arrive sur un grand plateau où le jour se lève. Je ne me sens pas très bien : forte envie de dormir mais quand je cours les jambes répondent bien. Les falaises sont illuminées par le soleil levant et le single est magnifique, on court en bord de falaise et lisière de forêt. C’est un régal !! le pied ! ça monte ça descend, ca discute, très bonne ambiance, tout le monde s’arrête prendre des photos.

Je sens néanmoins que mes soucis d’alimentation sur lesquels j’ai travaillé depuis 1 an montent en puissance : difficulté de m’alimenter car je suis écœuré par mes aliments… mes forces diminuent au fil des kilomètres…la galère s’approche…

Depuis plusieurs kilomètres, je résiste : j’avance à l’énergie, comme je manque de lucidité, j’oublie de me découvrir, je transpire à mort, mon cœur monte, je suis en hypo. Mon coéquipier qui me connait par cœur, me laisse les 3 minutes nécessaires à ma recup et on repart mais je suis faible et je subis le terrain… alors que le plus dur reste à venir…

Je suis dans le dur mais on avance surement! On va s’approcher du prochain ravito qui est le passage charnière : la légende dit que : « tu passes la bosse après le 42 ieme jusqu’à 50 ieme, tu n’as plus qu’à dérouler… tu finiras » 😊 !!

Km42 : le ravito de Truel, il doit être 10h45, la barrière horaire est à 12h20 ! on est large ! j’arrive épuisé au ravito, gorge serrée, mal de crâne…. Mickael, mon ange gardien, me propose de m’aider à me ravitailler : c’est lui qui va me chercher à manger et à boire alors que je reste la tête dans les mains contre un rocher…., un peu de coca et 3 bretzels m’ont suffi à me donner l’envie de vomir. C’est vite réglé ! Et comme à mon habitude, ça me soulage d’une puissance folle ! Je suis vidé mais je sens un appel d’air au sucre : Je prends une compote et me dit que ca va se gérer…

Et là coup de fusil : Mickael me dit qu’il ne voit pas comment il peut finir : dans la descente précédente, à chaque pas, son ancienne blessure refait surface. Il ressent un coup de couteau sous le genou à chaque pas dans les descentes. Il m’annonce en gros qu’il va abandonner dans pas longtemps… ON TOUCHE LE FOND…

A ce moment là, nos 2 autres compères collègues de boulot nous rejoignent : Frank et Eric frais comme des gardons !! On leur explique la situation, et on explique à Micka que l’on a beaucoup d’avance sur les barrières horaires donc le plan c’est d’avancer à notre nouvelle vitesse de groupe et de voir les étapes les unes après les autres.

C’est reparti, la montée suivante la plus dure du parcours est un calvaire, je demande une pause au milieu de la montée et une autre quasiment arrivée en haut. Au passage, cette montée fait de gros dégats : une trentaine de trailers sont allongés dans l’herbe à retrouver leurs forces. Ca me rassure un peu. Je ne suis pas le seul à en ch…

Km 50 : les forces reviennent petit à petit. J’apprends qu’Eric à une douleur sous la voute plantaire, il ne peut plus courir. On s’organise alors : Eric fait 1m90 et il marche hyper vite donc on court à trois quand c’est plat(Franck, Mickael qui douille et moi) et dès que ça monte, Eric nous rattrape. On perd du temps mais on avance et on gère les barrières horaires.

Km 60-70-80 : c’est la même chanson, on avance en gérant les barrières horaires. Mon alimentation n’est pas géniale mais ma sélection de pom-potes et barres de céréales et autres s’avèrent payantes : je m’alimente doucement par petit bout mais ca suffit à  mes besoins.  Sur un ravito je jette un coup d’œil à mon portable… pfiou, beaucoup de monde est là à surveiller ce qui se passe, ca me donne une énergie positive qui fait un bien fou ! La nuit tombe, le temps est long lorsque l’on marche dans les descentes mais Franck et moi menont la marche avec pas mal de rythme et les paysages et villages s’enchainent avec beauté. Des passages dans les roches usées par le temps…. C’est magnifique mais la nuit tombe…Il n’y a pas de vent sur les hauteur des Causses, le temps nous gâte !

Km 85-95 : Le rythme est plus compliqué la nuit, les montées descentes ne sont pas trop techniques. On sent que les délais se rapprochent de nous. Le stress de se faire arrêter me fait froid dans le dos !!

Ca nous booste pour marcher avec un bon rythme.

On chope le ravito de Mas de Bru avec 20 minutes d’avance seulement sur la barrière… on se dit qu’il va falloir envoyer pour attraper la barrière de 23h30 à Massebiau…

On descend en marche course. Arrivée à Massebiau, On se retourne…, attendons 3 minutes : Mickael et moi constatons qu’Eric et Franck ne sont plus là !!

Il est 23h26… On a 4 minutes pour passer cette barrière horaire !

-soit on part sur l’itinéraire de délestage(plus que 6 kilomètres pour rentrer à Millau sans le dénivelé complet) et on sera finisher (mais demi finisher car on aura pas fait l’intégralité du parcours)….

-Soit on part sur la dernière montée mythique du Cade mais il faut y être avant 00h30 pour être finisher!

Choix cornélien : si on monte et que l’on rate la barrière horaire : on est hors-délai, éliminé … pas d’hésitation Mickael et moi nous nous regardons dans les yeux : on y va …  ca va passer ! Mickael peut forcer en montée donc on vise être FINISHER. En avant !!!

C’est la panique, à Massebiau tout le monde fait demi tour pour prendre l’itinéraire de délestage, on nous dit qu’il faut 1h15 pour monter là haut et qu’il ne nous reste plus qu’une heure.

On fait un doigt d’honneur à tout ces trouillards et on s’élance dans une montée record( Merci Jacko pour tes entrainements dans la côte du pont du Thouet), on fait la montée en environ 40 minutes et on aperçoit la grange du Cade où la dernière barrière horaire de 00h30 est là ! 00h19 : nous la franchissons avec beaucoup d’émotions : on est finishers : On peut mettre le temps qu’on veut pour descendre du Cade vers Millau.

L’ambiance est géniale, Je ne peux pas m’empêcher de me marrer ! l’organisateur historique de la course est là ! Il appelle ça la cour des miracles !

On descend tranquillement vers Millau avec des blocages dans une descente très dangereuse : des gars sont pétris de crampes et descendent avec beaucoup de difficultés. C’est avec un large sourire que l’on passe la ligne d’arrivée à 2h00 du mat : Vivement la douche !Vivement la douche et le dodo !Les yeux piquent, brûlent, on colle de partout et on est rompu !

 

On retrouve Franck et Eric au camping : ils ont pris l’itinéraire de repli, en fait ils s’étaient arrêtés dans la descente pour resserrer les chaussures de Franck … un petit frottement qui avait créer une petite ampoule grosse comme un oeuf de pigeon et ils nous annoncent que pour la douche…il n’y a pas de lumière et que l’eau est froide ! Morts de rire !!

 

Voilà ma folle journée ! J’ai adoré ! Merci à tous pour vos messages d’encouragements! 1000 millions de Mercis à Fred, Louise, Paul et Marius pour tout le temps que j’ai pris à m’entrainer et que je n’ai pas passé avec eux … ces 3 derniers mois ! Merci à ceux de l'ATRAS (Jacko...) qui m'ont conseillé et poussé pour cette aventure!

Laurent

 

Quelques photos pour vous faire découvrir l’environnement :

Le vase de Chine :

Millau by night (vue en haut du Cade) :

Les 2 heureux trailers :

Le profil :

 

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