Ultra Trail des Montagnes du Jura (1er/2 octobre 2021)
Ultra Trail des Montagnes du Jura 187km / 7800m D+
Depuis le temps que je l'attendais ce dossard !! Depuis près de 2ans, c'est mon 1er dossard sur un ultra et quel ultra !!
Le rapport dénivelé/distance ne me fait pas peur, j'ai déjà connu pire !!
De plus, sur une terre que je ne connais pas, le Jura ! Ma préparation s'est très bien passée et je suis remonté comme une pendule.
C'est avec les copains de l' ATRAS, Sam et Cédric que nous faisons la route. Cette fois ci, Aline ne sera pas de la partie. C'est le 3ème ultra où elle ne sera pas là à faire mon assistance ! Ça va me faire bizarre, j'aime bien la voir sur les ravitos et la savoir aux petits soins !!
Vendredi 1er septembre, nous prenons le bus à 7h30 pour nous emmener à Lancrans site du départ à 2h20 de route. Ce sera une course en ligne.
Départ à 11h, nous sommes 112 coureurs à partir sous un soleil radieux. Les organisateurs annoncent 2 jours magnifiques. Heureusement que l'on a pas les conditions de l'édition 2020, neige, pluie, froid....
Je cherche dans l'assemblée de coureurs, le dossard 112. En effet, il s'agit de Simon (que je n'ai jamais vu) avec lequel j'avais eu contact pour l'objet de sa thèse lors de la 1ère édition du LDHD. J'avais vu qu'il était sur la liste des inscrits !
Devant nous, il y a aussi Claire Bannwarth, une machine de guerre qui mange les km comme je mange du chocolat !
« 10 – 9 – 8 » derniers encouragements entre nous « 7 – 6 – 5 » je cherche toujours le dossard 112 - « 3 – 2 – 1 GO », Les chevaux sont lancés.
Je prend mon petit rythme et tout de suite le parcours monte. Là, je vois le 112, me doubler, j'aborde Simon, me présente et tapons la discute sur quelques km avant que je ne le lâche dans la montée.
Les 2 premières difficultés passent tranquille, les jambes sont là et j'ai un assez bon rythme. Ne pas se griller, la course ne débute qu'au 80ème km. On a le droit à une superbe vue sur la chaîne des Alpes et le Mont Blanc au Cret de Chalam. (1550m)
Les km passent et la 1ère féminine (Claire) me double juste avant le ravito de Lellex (45km). Je décide de repartir avec, même si je sais qu'elle est plus rapide que moi, je veux juste voir sa technique de course. Quand on sait son palmarès ses dernières semaines, c'est juste ouf !! Elle court tout le temps, c'est plat : elle court ; ca monte un peu : elle court avec ses bâtons, ah plus grosse montée, enfin elle marche. Elle est réglée comme du papier à musique, sort ses bâtons pour 20m de montée et les range, je comprend mieux son palmarès. J'arrive à la tenir sur 11km et elle repart avant moi d'un ravito express !!
Je ralenti un peu le rythme, les jambes commencent à être lourde. Je commence à me dire que j'en ai fait trop à l’entraînement et que je suis en train de le payer !
La nuit tombe, je mets la frontale. J'arrive à la 1ère base de vie. Que 2 coureurs sont sur place. Les supers bénévoles sont aux petits soins. Je récupère mon sac et m'attable pour me poser un peu. Là, une bénévole me ramène un plateau repas (Jambon blanc, purée, pomme). La classe, un vrai repas, ça va faire du bien même si je m’arrête un peu plus longtemps. Au moins je mangerai solide.
Repas avalé en parti, je change les chaussettes, baskets et met un t shirt sec pour la nuit. En effet, on vient de faire une grosse partie de parcours dans des champs à vaches plein de boues, tout défoncés !
Je repars pour un gros tronçon de 17km. Assez roulant, les jambes reviennent ! Cool ! J'avais oublié que lors d'un ultra, j'ai toujours un passage à vide entre le 50ème et le 70ème, c'était donc ça...On oublie vite les souffrances sur ce genre de course !!
Ravito suivant je me pose un peu pour prendre un bouillon, je suis seul avec les bénévoles supers sympas et discutons. D'après eux, j'ai l'air en forme par rapport aux coureurs déjà passés. Un petit chat vient se mettre sur moi et me réclame des caresses : « lo potit chat😹 !!! » Je pense aux enfants !!
Encore une partie roulante de 13 km à avaler. Après 5-6 km je sens que mon ventre commence à m'alerter d'une envie de vomir. J'alterne marche course et subit jusqu'au ravito d'après. Je retrouve une des bénévoles du ravito précédent. Là, je pense que je ne dois plus avoir la même tête. J’essaie de manger et rien ne passe ! Il faut que je sorte pour me faire vomir.
Doigts dans la bouche et c'est 3 gros énormes rototos et 1 litre d'eau sur la pelouse, je me sens encore pire !! Trop de gaz et de liquide dans mon estomac, c'était ça le problème ! Je retourne dans la salle. La bénévole a été rejoint par un de ses amis qui rentre de soirée un peu, voir totalement bouilli. Il mange les voyelles et tourne au rosé. Ils ne comprennent pas comment on peut se mettre dans des états comme ça....LOL Son estomac aura peut être la même réaction dans quelques heures.
Tout se bouscule dans ma tête. C'est la 1ère fois que j'ai des soucis d'alimentation et je sais que sur des distances comme celle là, cela peut être fatal ! Abandonner, surtout pas !.......s'arrêter dormir pour se refaire, pourquoi pas !.....ça se bouscule dans ma tête !
Allez, pas grave, je repars le ventre vide !! Il reste encore une partie de 13km assez roulant avant le prochain ravito. Pas grave je vais marcher jusqu'au prochain ravito. On verra dans 2h. Je marche, puis au bout de 10min, je me fais doubler par un concurrent. Je trottine, on verra bien.... ça l'air d'aller, les jambes répondent, l'estomac est en vrac mais il ne me dit plus rien !! Je ferai une grosse partie de cette portion en courant sans rien boire et manger. Comme quoi, je pense que mes sorties à jeun y sont peut être un peu pour quelques choses. Je commence à avoir faim. Je ferai un petit déj au prochain ravito.
On arrive au ravito mais avant il nous faut descendre par les escaliers, la piste de saut à ski de Chaux Neuve. C'est impressionnant de nuit. 700 marches régulières pour les premières puis irrégulières à descendre !! Il faut vraiment être tarer pour se lancer la dedans !
Le jour s'est levé. La nuit est passée et pas trop mal malgré quelques doutes. J'appelle Aline avant sa grosse journée pendant que moi, je me balade dans la montagne. Ça fait du bien et sa booste d'entendre sa voix. On parle pendant 5 min et elle m'annonce l'abandon de Steph. Merde !!
J'arrive au ravito de Mouthe.
Je continue mon petit bonhomme de chemin. Direction le Mont d'Or. La montée emprunte une longue portion de route puis voilà le sommet. La 2de base de vie est après une longue descente et pour finir 200m D+ droit dans le pentu avec un gros pourcentage.....Putain, ça tue les pattes !!
Arrivé à la 2de base de vie, les bénévoles sont toujours à notre service. Assiette de riz/bolognaise. Je préfère m'arrêter quelques instants. Ça passe bien. Déjà 160km dans les pattes et il reste 2 grosses difficultés.
Direction le Suchet ! La montée emprunte un longue portion de route en gravier. Un coureur arrive à mon niveau. Il fait demi tour et se met à m'accompagner sur quelques km. Il a fait l'édition 2020 et là il va à la rencontre de copains à lui qui devraient arriver à la base de vie. Il m'explique la longue montée qui m'attend. Puis après 1km, il fait demi tour. Sympa le gars !!
La 2de partie emprunte un chemin agréable en sous bois le long d'une rivière. On arrive dans un champ et là les difficultés commencent. Le pentu, on passe la frontière suisse et re-pentu jusqu'au sommet où le vent souffle très fort. D'ailleurs, cette partie là sera squeezé à la tombée de la nuit dû à un dé-balisage sauvage et au vent ! J'ai l'impression de n'avancer à rien ! Enfin la descente, je mange une compote et attaque la descente très technique, pentu et racineuse à souhaits !!
Je me fais doubler par le 1er du 114km. Comment fait il pour courir dans des portions comme ça !! J'aurai trop peur de trébucher et de me faire mal....Il a l'air facile le con !!
Petit ravito sympa en terre suisse dans une grange avec les vaches et je reprend la route.
Ascension des aiguilles de Baulmes. Ça ressemble beaucoup à la fin des Templiers. Le vent souffle beaucoup et on a l'impression de ne jamais s'approcher du sommet. Ah un virage, et …. ah non toujours pas le sommet !! C'est quand la descente bordel !!
Enfin !! Après la descente, dernier ravito puis 8km et c'est fini ! Je double Simon qui marche. Je m'arrête à son niveau et il me raconte ses péripéties de la nuit, et que maintenant il ne peut plus courir dû à des ampoules. Je n’ai presque plus d'eau, d'après ma montre, j'aurai dû passé le ravito depuis 2km. Un spectateur arrive à ma rencontre et me demande si le ravito est plus haut, car il vient de faire 3km et n'a rien vu !! Euh, merde alors je l'ai loupé ou bien ??? Le doute arrive. Loupé ou pas, ça me paraît bizarre mais bon une erreur de balisage, un manque d'inattention.
Tant pis, il me reste un fond d'eau et si je me fis à ma montre il ne reste que 5km. (Après course, en vérifiant le tracé, ma montre a buggé et ajouter 2km, si on ne peut plus se fier à la technologie alors...).
J'interpelle une dame avec ses enfants pour savoir si elle suit un coureur, et si elle sait où est le prochain ravito ! Ouf dans 1km. Ça me rassure, je ne perd pas la boule...
Le 3ème du 114 arrive à mon niveau. Il vient de faire 500m en plus en loupant la bifurcation. On fait une centaine de mètre ensemble. Il ne sait pas où en est le 4ème et ne veut pas perdre sa 3ème place. On se retrouvera au dernier ravito où il repartira avant moi.
Une centaine de mètres après le ravito, je crois voir Eddy !! Même taille, casquette et doudoune. Je l'interpelle au loin : « ben qu'est ce que tu fous là Eddy ??? » Je m'approche et là boulette, ce n'est pas lui mais un bénévole en faction pour empêcher les voitures de descendre. Je lui explique qu'il ressemble à un copain qui court. Il rigole, me check et me souhaite bonne continuation !
Dernière portion ! Le plus dur est fait ! Je serai une fois de plus Finisher. Car même si je me blesse maintenant, je terminerai en rampant s'il le faut !
On commence à entendre le speaker de l'arrivée. On traverse les Hôpitaux Neufs, passe derrière le camping où on loge. Plus que quelques km.
Un concurrent du 114 me double. Il regarde derrière lui, il a peur de se faire doubler dans les derniers km et bien pas moi !!
Je passe la balise du dernier km et les participants du 78km nous rejoignent sur la fin du parcours.
L'arche d'arrivée est en vue ! Je profite du moment sur ce dernier km de descente. Je refais ma course, pense aux enfants, à Aline, la chance de pouvoir faire ce genre de course. L'émotion monte !
Je recherche le père Steph et je tombe sur Thierry Geffard qui vient à ma rencontre !! J'avais complètement oublié que Thierry et toute sa « bande » sont venus également pour courir le dimanche. Ça fait du bien de voir des têtes que l'on connaît. C'est super sympa d'être venu me voir !
Je passe la ligne d'arrivée à 18h40 à Métabief au pied des pistes de skis !
C'est fait, je suis une nouvelle fois Finisher d'un ultra en 31h38 et pour couronner le tout à la 9ème place. Bon sur 112 partants, ça casse pas 3 pattes à un canard, comme on dirait dans le Bouchonnois😁 !
Sam doit arrivé vers 20h. Nous rentrons au camping pour me doucher vite fait et revenir l'accueillir et enfin boire la bière d'arrivée !
Les arrivées se succéderont. Eddy/Antoine (1h30 du mat) puis Cédric (4h30 du mat).
Bilan : Un ultra très exigeant tant par la distance que par le dénivelé. Tracé que j'avais sous estimé par sa difficulté.
Des belles rencontres (une autre un peu moins, je ne pense pas qu'il se reconnaîtra car il ne lira pas ce CR😂), une organisation au top du top, un balisage impeccable, des bénévoles aux petits soins, de la bonne bière et une bonne tartiflette d'après course.
Maintenant récup !
Pat
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